mardi 2 juin 2009
dimanche 31 mai 2009

Aujourd'hui, 4ème représentation de la Tempête. Cap au large ! Deux jours d'installation au Teatro Martim Gonçalves avant notre première, nous nous sommes sentis (un peu) bousculés. L'orage matinal vient de poser un arc-en-ciel sur la Baie de tous les Saints.
Michel Raskine nous a quitté hier, Jean-Jack Queyranne et la délégation de la Région Rhône-Alpes sont passés à Garcia dans notre lieu de répétition, une semaine avant notre déménagement au théâtre. D'autres amis arrivent de France, Aziza, Angelo, Bruno, Denis et d'autres, pour visiter l'exposition de Pierre qui se termine aujourd'hui au MAM et assister à une représentation de la Tempête. Catherine nous quitte aujourd'hui.
Puis trois jours de relâche avant la dernière reprise des 4 dernières représentations avant notre retour en France.

Ele foi recebido pela primeira-dama, Fátima Mendonça, pelo chefe de gabinete, Fernando Schmidt, pelo diretor-geral do Ipac, Frederico Mendonça e pela assessora chefe de relacionais internacionais da Secretaria da Cultura, Monique Badaró."
http://scacsalvador.blogspot.com/
mardi 19 mai 2009
GARS DE GAMBOA / VIDÉO
Prises de vue depuis le balcon de ma chambre.
Caméscope Sony DV / logiciel I Movie sur mon MacBook.
Notre flat est dans le quartier de Gamboa, il surplombe la Baie de tous les Saints.
(Israfel interprété par Virginia Rodrigues)
jeudi 14 mai 2009
vendredi 8 mai 2009

jeudi 7 mai 2009
PLUIES TROPICALES À 13°SUD
Je reviens à Salvador pour la troisième fois. Beaucoup d'images me sont familières. J'ai l'impression que je pourrais me déplacer les yeux fermés dans le périmètre très réduit que nous occupons, guidé simplement par mon nez et par mes oreilles. - "N’aie pas peur, l’île est pleine de bruits, de sons, de doux airs, qui donnent du plaisir et ne font pas de mal. Quelquefois mille instruments vibrants bourdonnent à mes oreilles ; et quelquefois des voix qui, si je me réveille après un long sommeil, me font à nouveau dormir, et alors dans mes rêves je crois voir les nuages s’ouvrir et dévoiler des richesses prêtes à tomber sur moi, si bien qu’en m’éveillant je pleure du désir de rêver encore."
NUANCIER AU MUSÉE D'ART MODERNE DE SALVADOR



"Pour le projet Nuancier, les peaux de quarante modèles ont été photographiées et réunies dans un classique nuancier de couleurs. Un fabricant de peinture a déterminé industriellement les formules chimiques de chaque couleur de peaux. Nuancier est conçu comme un outil d’art décoratif au service des peintres en bâtiments. Pour que l’œuvre soit vraiment « in situ », je voulais que les modèles soient des familiers du Musée d’Art Moderne. Nous avons rassemblé autour de ce projet les employés du musée et des étudiants de l’École des Beaux-Arts de Salvador. Photographiées, leurs peaux constituent la base de ce nuancier. Ramener l’intérêt porté à un individu à sa seule couleur pose d’une façon immédiate la question du racisme. « J’aime ou je n’aime pas votre couleur », cette question est-elle anodine ? Et comment les histoires, celle de l’esclavagisme au Brésil et de la colonisation en France ont-elles répondu à cette question?
L’œuvre se compose de nuanciers de couleurs de peaux, de quarante pots de peinture contenant la couleur des modèles et des murs des salles d’expositions, peints avec la couleur d’un des modèles. À l’issue de l’exposition, Nuancier rentrera dans la collection du Musée d’Art Moderne de Salvador de Bahia."
Pierre David
Expostion du 4 au 31 mai
dimanche 19 avril 2009
jeudi 16 avril 2009
Salvador (BAHIA, BR, LATITUDE 13°SUD)
Salvador me pénètre et lentement je me laisse pénétrer
Candomblé à Federação
« Ici, on ne bande pas, Monsieur, non, non, on prie… »
J’entre dans la salle
Je marche sur un parterre de feuilles d’eucalyptus
L’odeur est enivrante
Le soleil se couche
J’entre en transe
J’ose j’entre
J’entre dans la transe
J’m’en foutr’j’entre
Transe s’en foutre
Foutre d’la transe
Danse le foutr’
À travers moi
À travers transe égal transe traversée
Et entre transe et moi
Et entre transe et transe
La transparence
Rance
J’entre en rance
J’rentre en France
J’ose
Je rance
L’eau rance
L’eau danse
L’outrance
Transe pourrie
Transe qui pue
Transe qui sue
Transe qui suinte
Transe partout
Transe toujours
Transe conspire à me nuire
Revenu, transpirant, dégoulinant, mon corps chahuté
Passent trois robes
Vomi, vomi du presque rien, de la bile. Rien ne passait dans l’estomac, tout s’est bloqué, le riz, impossible de respirer, pas d’eau dans la pièce, uniquement des refrigerante. Sergio me soutient. Autour de moi la Mère des Saints et les Filles des Saints. J’ai besoin d’eau, j’étouffe. Une Fille des Saints va me chercher de l’eau, je ne sais pas si je peux attendre, le barrage du riz m’étouffe, j’ai envie de sortir de la maison, il faut trouver n’importe quel conduit pour ma respiration ; Dehors le feu, il a plu. Je suis trempé par la pluie et autrefois, dans un temps proche, par la sueur. Le Dieu a pénétré dans la pièce, couronne et attributs. L’ambiance s’est exaltée. Je me suis effondré sur le banc.
Je vois la main de Sergio. Je ferme mes yeux. Les tambours frappent. C’est le retour du Dieu. Un corps s’effondre près de moi et tombe en transe. Je respire fort. J’ouvre mes yeux.
J’ai
Une boule entre les deux seins
Sous la peau
Qui bloque
Qui stoppe
Impossible d’avaler
Le conduit
Est fermé
La boule
Revient
Le conduit se
Ferme
Ma respiration est coupée
Je
Me lève
Me plie en deux
À quatre pattes
Je gerbe dans les plates-bandes
Tempête
Le taxi évite les flaques. Ce ne sont plus des flaques. Des petits lacs et des ruisseaux sur la chaussée qui la rendent dangereuse. L’océan est furieux. Les réverbères sont encore éclairés. Nous roulons vers Rio Vermelho.
Premières répétitions au Centre Chorégraphique National de Rillleux-la-Pape


Maquettes pour Tempête à 13°Sud - 2009 - Teatro Martim Golçalves, Salvador (BR)
et pour Tempête à 54°Nord - 2008 - Verrière des Subsistances, Lyon / Pierre David
Du 14 au 17 avril, nous commençons le travail avec l'équipe française (Angélique, Catherine, Marjorie, Jean-Philippe, Christophe, Vincent, John et Yoann) "chez" Maguy Marin.
Le lieu est idéal pour nos premiers essais sur le plateau.
Pierre, lui, est déjà en résidence au Musée d'Art Moderne de Bahia.
Nous partons pour Salvador le vendredi 24 avril.
http://www.compagnie-maguy-marin.fr/
jeudi 9 avril 2009
Est que je sais maudire. Que la peste rouge vous emporte
Pour m’avoir appris votre langue !
« Fureurs » est le titre de mon programme de recherche à Salvador da Bahia.
« Fureurs » : c’est-à-dire, emportements, excès provoqués par la passion, mais aussi exaltation, inspiration, possession ; Possession mais aussi transe, transe à travers le Candomblé.
En 2004 avec l’écriture du spectacle « Fermez vos yeux, Monsieur Pastor », (Festival les Intranquilles-Lyon, Comédie de Saint-Étienne, Malraux-Scène Nationale de Chambéry-Savoie, L’Échangeur-Bagnolet) qui était une plongée en même temps qu’une mise à distance du théâtre intime de mon épilepsie, une matière théâtrale en forme de convulsions de l’image et de la parole, je commençais un travail sur les désordres du corps : avec « Fermez vos yeux… », il s’agissait d’un désordre neurologique.
Dans le Candomblé, on dit de la crise d’épilepsie qu’elle est une « transe sauvage ».
Le Candomblé, qui prit ce nom dans l'état de Bahia, est un culte importé d'Afrique. Au 16ème siècle, les esclaves venus du Bénin travaillèrent dans les plantations de canne à sucre, ils essayèrent de conserver et de faire vivre leur religion, leurs rites ; ce qui entraîna un syncrétisme religieux, mêlant les divinités africaines et les saints catholiques, adorant les uns derrière les images des autres.
Dans mon travail de metteur en scène avec les acteurs ou tout collaborateur qui m’accompagnent dans la création, j’ai besoin que le plateau de théâtre soit une zone de turbulences où tout peut s’échafauder, se modifier, se détruire ou se reconstruire. Où tous les liens qui tissent le fil de l’écriture du spectacle se situent ailleurs que dans un temps de parole, ailleurs que dans un dialogue. Dans un espace sensible.
Gilles Pastor
photo : Pierre David, Igreja Sao Francisco, Salvador 2007

Pierre Fatumbi Verger est né le 4 novembre 1902 à Paris.
Photographe, ethnologue.
Entre 1949 et 1979, il fait de nombreux voyages entre Bahia et la côte occidentale de l'Afrique. Les relations de Verger avec la culture noire dépasse bientôt le stade du simple intérêt intellectuel. Il participe au Candomblé où il est accepté et initié. Pierre Verger est mort en 1996 à Salvador dans sa maison. (Fondation Pierre Verger)
in Pierre Verger
Retratos da Bahia, 1946-1952 / Préface de Jorge Amado et Carybé
Corrupio - Salvador - 2005
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